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Soraya, la fée du soleil

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Dans ma fôret enchantée

Dans ma fôret enchantée

Perla-saperli-pimpin, la marguerite guettera, le coquelicot coquetera et à la lune ronde-satin, poindra malin le nez d’un lutin.

 

L’histoire que je vais vous raconter ce soir, je la tiens de mon grand-père qui la tenait lui-même de mon arrière grand-père, qui la tenait de mon arrière arrière grand-père, qui la tenait de mon arrière arrière arrière grand-père… Bon, vous avez compris, cette histoire est vieille comme le monde, vieille comme ce bon vieux rocher de granit sur lequel je suis assis pour vous la raconter, et la voici :

 

Chers petits amis, ouvrez le palais féerique de vos oreilles car Filipin le lutin va vous conter des merveilles.

 

Soraya la fée du soleil

 

 

Tandis que Pious et Youps partaient à la conquête de l’inconnu, il se préparait un événement important dans les sous-bois. L’air de la forêt avait le cœur en fête…

 

A commencer par Feufolin !

 

Le soleil montait à l’horizon et Feufolin était déjà affairé à se préparer avec Soraya, la fée de la lumière. Il gigotait dans tous les sens comme une carpe, quand elle essayait de lui brosser la barbe.

 

— Aïe Zoraya ! Za me tire zur ma barbisse, fais plus attenzion voyons !

 

— Oh je suis désolée, mon bon Feufolin, mais je vois que tu ne t’es pas peigné depuis notre dernière cérémonie, il y a trois mois, s’excusa la gracieuse Soraya avec une voix si douce et si sonore à la fois qu’elle semblait fredonner lorsqu’elle parlait.

 

— Tu exazères, c’était pour l’équinoxe du Printemps ! rétorqua Feufolin.

 

— C’est bien ce que je dis Feufolin, c’était il y a trois mois ! Allez cesse de gigoter et prends ton mal en patience ! Tu as du lierre et de la mousse entortillés dans la barbe, tu ressembles à un vieux chêne !

 

La patience n’était sûrement pas la première qualité de Feufolin.

 

— Aie Zoraya, za fait encore mal ! Ouille ouille ! Ze sais Barbisse, ze dois rester concentré pour être beau pour le Zolstice, la Fête de Rotan le Zoleil, ze sais…

 

— Regarde Feufolin, voilà les lutins de la forêt qui arrivent !

 

A la queue leu leu, minuscules, avec leurs petites racines au bout des pieds ils semblaient danser quand ils avançaient.

 

Drydi-ha Drydi-hé Drydi-hi, voici les Esprits de la Sylve, chantaient-ils avec leurs petits yeux rieurs tout bridés et leurs couronnes de lierre sur le front.

 

Et derrière eux suivait le petit peuple de la forêt. Tous sauf Trac le pic-vert qui avait préféré rester dans son trou. Il avait peur des fêtes, de la foule, et des flammes ! Mirette la chouette bien entendu sommeillait encore. Elle se joindrait à l’assemblée, en soirée, à l’allumage du feu, avait-elle dit à Pitch le petit elfe.

 

Feufolin était enfin prêt, tout beau avec sa barbe bien tressée en trois rayons de soleil et son habit blanc de cérémonie.

 

— Tu ressembles à un vrai mage Feufolin, tu es éblouissant ! s’exclama Soraya.

 

Le nain rougit, un peu timide, conquis par la grâce de la fée dont les cheveux de soie blonds brillaient comme des rayons de soleil sur ses épaules.

 

— Merzi ma Zoraya, z’est toi qui est éblouizante ! Va vite trezer ta couronne de millepertuis et nous z’autres, préparons le feu maintenant ! clama-t-il à l’assemblée.

 

Les lutins tirèrent sur les fougères sèches mais passèrent plus de temps à se chatouiller avec les plantes qu’à les ramener dans le lit du feu.

 

— Quelqu’un peut-il m’aider à tirer zes bransses mortes ? appela Feufolin.

 

Pitch accourut plus vite que l’éclair mais hélas, il n’était pas assez fort.

 

— Pourquoi as-tu besoin de branches aussi grosses Feufolin ? demanda Pitch.

 

— Le feu doit durer toute la nuit, mon petit Pitss, pour pouvoir zaluer le feu du ziel demain matin au lever de Rotan, répondit le nain en poussant de toutes ses forces sur la grosse bûche.

 

Robustin le sanglier arriva à la rescousse, le poil dru, le poitrail saillant. Il roula les rondins de bois avec son groin et ses solides défenses.

 

— Regardez, j’ai trouvé un trésor ! cria une douce et jolie voix.

 

C’était Soraya. Tous s’approchèrent d’elle.

 

L’objet dépassait de ses deux petites mains qui n’arrivaient pas à le recouvrir totalement, on le voyait briller.

 

— Montre-nous… Oh, qu’est-ce que c’est ? pressèrent les petites fées.

 

Elle entrouvrit une main et laissa découvrir une petite boule d’or qui tournoyait dans sa paume.

 

— Ooohhh ! Comme elle est belle, et comme elle brille ! s’exclamèrent d’une seule voix les fées.

 

— A qui cette boule peut-elle appartenir ? commença Pipelette. Il paraîtrait à ce qu’il paraît…

 

— Ze n’ai zamais vu sose pareille dans notre forêt, coupa Feufolin. Où l’as-tu trouvée ma petite Soraya ? interrogea le nain.

 

— Dans le champ de millepertuis. Je cueillais des fleurs pour ma couronne et elle était là, toute seule, répondit Soraya ébaubie.

 

La boule se mit à briller plus intensément, tel un soleil, dans la main de la petite fée. Tout le monde s’écarta, émerveillé.

 

Les clameurs avaient alerté Pitch qui se précipita et se jeta sur la boule :

 

— Elle est à moi !

 

Il la prit et la rangea bien vite dans la petite sacoche accrochée à sa ceinture.

 

— Je l’avais perdue. Merci Soraya de l’avoir retrouvée pour moi.

 

Tout le monde resta bouche bée devant ce mystère.

 

— D’où te vient zette boule Pitss ? demanda Feufolin.

 

— Ben, heu, je l’ai eue avant d’arriver dans votre forêt, il y a très longtemps. C’est Rotan qui me l’a donnée ! répondit Pitch un peu gêné.

 

— ROTAN ??? reprit l’assemblée de chorus.

 

— Oui mes amis, Rotan lui-même. Je vous raconterai cette histoire plus tard. Pour l’heure, il est temps d’allumer le feu.

 

— Pitss a raison, nous verrons cela plus tard. Que la fête commensse ! conclut Feufolin.

 

— C’est bien ce que je vous disais, il paraîtrait que… reprit Pipelette.

 

Mais tout le monde s’était regroupé autour du cercle de pierres, au centre duquel les branches étaient piquées debout, se rejoignant au sommet, prêtes à être enflammées.

 

Feufolin entama le discours de la cérémonie :

 

— Mes bons z’amis, qu’il est bon de se retrouver pour zélébrer le zour le plus long de l’année où Rotan couvre la terre de son voile d’or et d’abondanze. Que la lumière brille dans nos cœurs !

 

Et Feufolin tourna entre ses mains une grosse tige de bouillon-blanc qui se mit à tournoyer si vite que de grosses étincelles jaillirent et sautèrent dans les fougères enfumées. De petites flammes pétillèrent dans le bois sec. Bientôt un grand feu de joie dansait jusqu’à la cime des arbres, acclamé joyeusement par la foule.

 

Soraya, la fée du soleil, entonna une musique gracieuse sur sa harpe-champignon et l’allégresse entra dans tous les cœurs.

 

Oh mes amis, si j’avais été là, j’aurais accompagné la belle Soraya en soufflant dans mon flûtiau de roseau, peau de souriceau et dansé la farandole avec mes frères les lutins, Perlagrelin !

 

La nuit entière, ils jouèrent de la musique autour du feu, harpe et tambourin, rondes et refrains, jusqu’aux premières lueurs de Rotan dans le ciel.

 

La fête battait son plein quand, au milieu des rires, des chants et des danses, Mirette la chouette s’approcha de Pitch et lui chuchota un secret dans l’oreille.
Par mon chapeau de lutin, je vois qu’il fait nuit noire chez nous aussi et qu’il est temps mes petits amis de dormir.

 

Je vous raconterai la prochaine fois comment Mirette s’envola avec Pitch jusqu’à la lune.

 

Je vous donne rendez-vous sur ce rocher à la nouvelle lune du mois de juillet. Je tintinnabulerai quelques petites étoiles de millepertuis pour vous appeler.

 

Douce nuitée, mes chers petits amis, dormez bien, saperli-pimpin!

 

*Rotan est le nom donné au soleil dans la saga de Gilles SERVAT « Les Chroniques d’Arcturus » parues aux Edtions Atalante, une série de 6 tomes.

 

Texte de Nathalie Valette
Illustration Célia Portail
Copyright Le journal de Fanette et Filipin, exploitation et reproduction interdites

 

 

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