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Pitch le petit elfe

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Dans ma fôret enchantée

Dans ma fôret enchantée

Perla-saperli-pimpin, la marguerite guettera, le coquelicot coquetera et à la pleine lune, poindra malin le nez d’un lutin.

 

L’histoire que je vais vous raconter ce soir, je la tiens de mon grand-père qui la tenait lui-même de mon arrière grand-père, qui la tenait de mon arrière arrière grand-père, qui la tenait de mon arrière arrière arrière grand-père… Bon, vous avez compris, cette histoire est vieille comme le monde, vieille comme ce bon vieux rocher de granit sur lequel je suis assis pour vous la raconter, et la voici :

 

Chers petits amis, ouvrez le palais féerique de vos oreilles car Filipin le lutin va vous conter des merveilles…

 

Pitch le petit elfe

 

Allongé auprès de Soraya sous le Grand Arbre Doré au clair de lune, Pitch commença ainsi son récit :

 

— Il y a bien longtemps de cela, lorsque je vivais encore sur la Terre des Hommes, j’étais un enfant solitaire. J’allais souvent pêcher à la rivière, près du grand aulne, là où mon père, enfant, avait rencontré pour la première fois Ahmséus, l’aigle aux yeux bleu saphir. Chaque jour j’espérais le voir moi aussi. Mais ce matin-là Soraya, ce n’est pas un aigle aux yeux de perles que je rencontrai, mais un petit poisson d’argent. Il sautait au dessus de l’eau, tournoyait longtemps dans les airs comme pour faire chatoyer ses écailles dans la lumière, puis il replongeait. Il était si amusant.Soudain il se mit à nager à contre-courant et remonta la rivière. Je le suivis et dus même courir à toutes jambes sur la rive tant il nageait vite.

 

— Où allait-il comme cela Pitch ? demanda Soraya intriguée.

 

— C’est bien ce que je me demandais. J’étais épuisé de tant courir mais j’étais sûr que ce petit poisson voulait me mener quelque part. Enfin il bondit hors de l’eau et tourna sur lui-même en dansant avant de replonger. Devant moi se dressait le grand Arbre Doré. Son tronc surgissait de terre et s’élançait immense dans le ciel. Toutes les feuilles de ses branches miroitaient comme des petits soleils. Je n’avais jamais entendu parler de cet arbre auparavant.

 

— Tu veux dire Pitch, que notre Grand Arbre Doré, le maître de notre Forêt est aussi sur la terre des Hommes ? demanda Soraya surprise.

 

— Oui, sur la terre des Hommes et aussi sur des Terres dont nous ignorons l’existence.

 

— Oooohhhh !!!!

 

Soraya regarda l’Arbre avec de grands yeux :

 

— L’Arbre qui relie tous les mondes !

 

— Oui Soraya, tu l’as bien dit, l’Arbre qui relie tous les mondes !

 

— Y a-t-il alors un passage secret dans cet Arbre pour aller d’un monde à l’autre ?

 

— Ma Soraya, tu comprends si vite !

 

— Où est ce passage Pitch, montre-le moi !

 

— Impossible Soraya, il s’ouvre et se referme tout seul.

 

« Houuuuu houuuu » ululait Mirette, curieuse elle aussi. Les deux amis rirent en regardant la chouette bigleuse.

 

— Comment as-tu fait pour le trouver ? reprit Soraya en posant sa tête sur l’épaule de Pitch et en fermant les yeux pour mieux imaginer.

 

— Le petit poisson d’argent bondissait si haut, qu’il sauta par-dessus une branche comme pour m’indiquer qu’il me fallait grimper. Puis il plongea profondément dans la rivière et disparut. Je ne le revis plus jamais. J’ai escaladé la première branche, puis une autre, et encore une autre, et pris dans cette folle ascension, je n’ai pas pu m’arrêter. J’ai grimpé, grimpé si haut… que je suis arrivé jusqu’à Rotan.

 

— Jusqu’à Rotan ?

 

Soraya sourit. Elle imaginait tout à fait.

 

— Et le soleil me dit alors, comme s’il m’attendait : « Je sais qui tu es, Fils de Dortan et d’Héalthia, Reine des Elfes. J’ai donné à ton père le pouvoir du feu, à toi je donne celui de la lumière ». Il décrocha un de ses rayons et me le remit. Il continua : « Tu auras besoin de lui quand l’ombre se lèvera à nouveau. Bonne chance Pitch. » Je l’ai remercié et j’ai formé une petite boule avec le rayon. Ma boule d’or.

 

Pitch sortit la boule de sa sacoche et la fit tourner dans sa main.

 

— Merci de l’avoir retrouvée Soraya, petite fée de la lumière.

 

Soraya la regarda silencieusement sous le clair de lune et crut voir des visages à l’intérieur. Peut-être n’étaient-ce que les reflets de la lune ?

 

— Et ensuite Pitch, que s’est il passé ? insista la fée impatiente.

 

— Ensuite, je suis redescendu, heureux. Rotan venait de me donner une place dans ce monde. Je regardais ma boule d’or et la faisais tourner dans mes mains quand je te vis à l’intérieur Soraya, avec ta belle chevelure dorée. Tu jouais de la harpe-champignon. Je pouvais même entendre la musique. J’avais tellement envie de te connaître.

 

Soraya sourit les yeux fermés, rêveuse, et elle posa un doux baiser sur la joue de Pitch.

 

— J’eus très peur, car brusquement l’ombre d’un oiseau noir se mit à tournoyer à l’intérieur de la boule qui s’assombrit de plus en plus. Une tête de dragon apparut alors et l’obscurcit totalement. Elle trembla si fort dans mes mains que je dus la lâcher.

 

Soraya ouvrit les yeux, inquiète et sussura :

 

— Cornioc ! Tu as vu Cornioc dans la boule ?

 

— Oui Soraya, c’était Cornioc, le Corbeau des malheurs, qui rôde parfois dans notre Forêt. Sais-tu qui est ce dragon ?

 

— C’est son maître, Mordrabouc, le Seigneur de l’Ombre. Il habite dans un château noir, loin derrière la Colline. Mais Pitch comment as-tu réussi à trouver le passage secret ? le pressa Soraya.

 

— Ma boule roula au sol, à nouveau lumineuse et vint toucher l’Arbre. Alors une petite porte ovale s’ouvrit dans le tronc. A l’intérieur, un escalier géant s’enfonçait dans la terre. A la lueur de ma boule, je me mis à descendre, en sautant de marche en marche. L’écorce de l’Arbre était incrustée d’or et scintillait comme si quelque esprit malin me faisait des clins d’œil. Je descendais toujours plus profond. Parfois je m’asseyais sur une marche et m’endormais. Et c’est ainsi que j’arrivai au creux de cet Arbre où je loge maintenant. La porte se referma derrière moi, comme si elle n’avait jamais existé. Regarde !

 

Soraya se glissa dans le logis de Pitch et tâta le long du tronc à la recherche d’une porte secrète.

 

— Il n’y a rien ! C’est incroyable ! Feufolin dit que tu as été envoyé par Rotan pour nous sauver d’un grand danger…

 

— Peut-être… répondit Pitch les yeux rivés sur sa boule.

 

Elle se mit à briller dans ses mains et l’image d’une magnifique licorne blanche apparut auprès de la harpe-champignon. Les deux amis ouvrirent des yeux tout ronds et Pitch serra précieusement la boule dans ses mains. Ils s’endormirent tous deux sous l’Arbre Doré.

 

Mirette ulula une dernière fois dans la nuit.

 

Quand ils se réveillèrent au petit matin, la boule d’or avait disparu….

 

Par mon chapeau de lutin, je vois qu’il fait nuit noire et qu’il est temps mes petits amis de dormir.

 

Je vous raconterai la prochaine fois comment Pitch et ses amis se mirent en quête de la boule d’or.

 

Je vous donne rendez-vous sur ce rocher à la nouvelle lune du mois de septembre. Je tintinnabulerai quelques clochettes de bruyère pour vous appeler.
En août, chers petits amis, je me rends à la grande assemblée annuelle des lutins, poil de lapin, dent de ragondin !

 

 

*Rotan est le nom donné au soleil dans la saga de Gilles SERVAT « Les Chroniques d’Arcturus » parues aux Edtions Atalante, une série de 6 tomes.

 

Texte de Nathalie Valette
Illustration Célia Portail
Copyright Le journal de Fanette et Filipin, exploitation et reproduction interdites

 

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Et retrouvez-moi au champ des saisons, dans le Journal de Fanette et Filipin pour d’autres aventures aux allures du lutin-malin ! Perla-pimpin !

 

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