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Pitch et Soraya, le rendez-vous

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Dans ma fôret enchantée

Dans ma fôret enchantée

Perla-saperli-pimpin, la châtaigne chatouillera, la feuille frêle craquera, et à la lune brune, poindra malin le nez d’un lutin.

 

L’histoire que je vais vous raconter ce soir, je la tiens de mon grand-père qui la tenait lui-même de mon arrière grand-père, qui la tenait de mon arrière arrière grand-père, qui la tenait de mon arrière arrière arrière grand-père… Bon, vous avez compris, cette histoire est vieille comme le monde, vieille comme ce bon vieux rocher de granit sur lequel je suis assis pour vous la raconter, et la voici :

 

Chers petits amis, ouvrez le palais féerique de vos oreilles car Filipin le lutin va vous conter des merveilles…

 

 

Pitch et Soraya, le rendez-vous

 

 

En se levant ce matin, Pitch découvrit une jolie feuille d’érable jaune accrochée à la porte de son logis avec l’épingle de Soraya. Il y était écrit, à l’encre de coquelicot séchée : « Rendez-vous ce soir sous la lune, à la source de Belladouria ».

 

Pitch était perplexe.

 

— Est-ce un mot de Soraya ? Les fées ne savent pas écrire ! Hum… Est-ce que Mordrabouc tenterait de m’attirer dans un piège avec l’épingle de ma bien-aimée ? Elle est peut-être en danger !

 

Le cœur de Pitch battait la chamade et la feuille d’érable tremblait dans ses mains. Pious et Youps, les deux inséparables rouges-gorges arrivèrent sur ces entrefaites.

 

— Bonjour Pitch, quelle drôle de tête tu fais ce matin ! Tu as mal dormi ? commença Youps.

 

— Nous venons te chercher pour aller à Château noir, coupa Pious.

 

— À Château noir ? Mais que voulez-vous faire là-bas ? Vous êtes totalement imprudents !

 

— Hier soir, alors que nous rentrions de raccompagner Tracassin chez lui, nous avons vu Cornioc rôder vers l’Arbre doré, raconta le premier.

 

— Nous sommes certains qu’il manigance un mauvais coup au service de son maître Mordrabouc, continua le deuxième.

 

Pitch tressaillit :

 

— Sacrebleu ! Le Seigneur de l’ombre veut depuis toujours empêcher le lever de Rotan afin de régner sur Sylvaya !

 

— Par les rayons de Rotan, c’est horrible ! s’exclama Pious. Il faudrait pour cela faire disparaître Soraya !

 

— Par les rayons de Rotan, c’est horrible ! s’exclama Youps. Il faut les en empêcher…

 

— Vite, allons voir Soraya, s’écria Pitch en s’élançant, agile comme le vent, rapide comme l’éclair.

 

En un rien de temps, le petit elfe et les deux oiseaux étaient à la rivière aux fées. Dourya nageait de bon matin avec Iriya le petit poisson arc-en-ciel qui sautait de plus en plus haut comme s’il avait des ailes. Pitch essoufflé, interrompit la fée dans ses amusements.

 

— Dourya, où est ta sœur ?

 

— Que t’arrive-t-il Pitch ? Tu as l’air inquiet ! Soraya est sortie tôt ce matin pour jouer la musique de l’aube puis elle est sans doute allée voler en forêt comme à son habitude. Elle ne tardera pas à revenir. Viens te baigner avec nous en l’attendant !

 

Pitch commençait à être inquiet.

 

— Vite Pious, vite Youps, foncez à Château-Noir. Voyez un peu ce qu’il se passe là-bas. Moi je vais chercher Soraya dans la forêt. Soyez prudents, ne vous faites surtout pas voir, c’est entendu? Et rentrez dès que vous avez des nouvelles.

 

— Entendu Pitch ! répondit Pious.

 

— A ton service Pitch ! ajouta Youps.

 

Donnant des petits coups d’ailes audacieux, les deux oiseaux s’enfoncèrent sous les feuillages. Leur plumage se confondait avec les couleurs de l’automne. Lorsqu’ils eurent passé la colline, les arbres se firent plus rares. Pious et Youps durent voleter prudemment, l’un après l’autre, de sapin en sapin, pour se couvrir. Youps cependant était moins téméraire que son frère.

 

— Heu, tu ne crois pas que nous devrions rentrer au grand chêne ? Nous ne réussirons pas à passer le grand if de Cornioc, et encore moins à nous approcher du Château sans être vus ! C’est trop dangereux, murmura-t-il dans un souffle saccadé.

 

Son frère ne l’écoutait pas et continuait d’avancer, de sapin en sapin, et se rapprochait peu à peu du grand if.

 

A cet instant, provenant du château, s’éleva un grand rire tonitruant.

 

— Mordrabouc !

 

Youps tressaillit. Pipelette lui avait dit qu’il avait une tête de bouc ou peut-être de dragon. Il tremblait de peur mais c’était plus fort que lui, il voulait s’approcher. Il sortit de sa cachette et vola courageusement de l’avant.

 

Pitch de son coté cherchait Soraya partout dans la forêt.

 

— Soraya où es-tu ? Réponds-moi !

 

Il rencontra Griotte la tortue. Couchée sur le dos, elle mâchouillait les dernières mûres d’un roncier en regardant les nuages. Elle riait avec dame Coucou qui flemmardait sur une branche au dessus.

 

— Eh ! Dame Coucou, savez-vous ce qu’est un mouton sans pattes ?

 

Dame Coucou se gondola bêtement et la tortue continua sans attendre de réponse de la paresseuse :

 

— Un nuage pardi !

 

Pitch dut crier pour se faire entendre dans ce joyeux charivari :

 

— Griotte, as-tu vu Soraya ?

 

La tortue, retournée sur sa carapace, s’amusa de la tête de Pitch.

 

— Tu as une drôle de tête Pitch, tu couves quelque chose ? Ah, ça me fait penser à une bonne blague, écoute ! Deux poules se rencontrent, l’une dit à l’autre : Ca va ma cocotte ? Et l’autre lui répond : pas très bien, je crois que je couve quelque chose. Hi hi hi, que je couve quelque chose, tu as compris Pitch ? s’esclaffa Griotte qui tournait sur sa carapace en agitant ses petites pattes potelées.

 

Mais Pitch était parti avant la fin de l’histoire. Il n’avait aucun goût pour la plaisanterie. Il se sentait seul dans sa recherche et était de plus en plus inquiet.

 

— Soraya, où es-tu ? Reviens !

 

Il se demanda s’il avait bien fait d’envoyer Pious et Youps à Château noir. C’était vraiment risqué. Pitch ne savait plus quoi faire. Il lui semblait avoir ratissé toute la forêt. Pour couronner le tout, il se mit à pleuvoir comme si la voûte du ciel reflétait son désespoir. C’en était trop.

 

— Feufolin ! Lui seul peut m’aider.

 

Quand il arriva près de la maison-champignon, des volutes de fumée grise s’échappaient de la cheminée et allaient se perdre dans les nuages lourds et bas de la fin de l’après-midi. Pitch frappa trois coups à la porte. Pas de réponse. Il recommença trois autres coups. Feufolin n’était pas là. Décidément le ciel s’obstinait !

 

La tête basse, trempé, Pitch rentra à l’arbre doré. Pas de Pious, pas de Youps. Le petit elfe était désespéré. Il se sécha et, très préoccupé, décida d’aller au rendez-vous. Où était Soraya ? Où étaient les rouges-gorges ? Qui allait-il trouver près de la source de Belladouria ?

 

Au loin, dans l’ombre de la lune voilée par les nuages, Pitch vit briller la toile d’argent de Chiméria, l’araignée des songes. Elle attendait au milieu de son arantèle opaline, sans vraiment attendre.

 

Près de la source, une ombre se tenait debout. La tête légèrement penchée au dessus de la toile, et deux ailes immenses déployées dans le dos, elle semblait discuter avec l’araignée. Il se mit à pleuvoir encore plus fort et Pitch hésita. Chiméria l’araignée le scrutait de ses yeux blancs perçants et ces deux petites lumières blanches envoûtèrent le petit elfe qui se mit à avancer droit vers elles.

 

Par mon chapeau de lutin, je vois qu’il fait nuit noire et qu’il est temps mes petits amis d’aller dormir. Saperlipopette, ce récit est bien plus long que je ne l’aurais pensé ! Si vous le voulez bien, je reviendrai à la prochaine pleine lune pour vous raconter qui se tenait là dans l’ombre et pour le grand Solstice d’hiver vous connaîtrez enfin la formidable nouvelle qui réunit dans la joie tous les habitants de Sylvaya.

 

Ensuite drelin-grelin, graine de lupin, je me retirerai au royaume des lutins et j’écrirai pour vous le grand manuscrit de « Ma Forêt enchantée », serment-pipin de Filipin !

 

Alors, mes petits amis, je vous attends sur ce rocher à la lune brillante du mois de décembre. Je tintinnabulerai quelques boules de houx pour vous appeler.

 

Texte de Nathalie Valette
Illustration Célia Portail
Copyright Le journal de Fanette et Filipin, exploitation et reproduction interdites

 

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Et retrouvez-moi au champ des saisons, dans le Journal de Fanette et Filipin pour d’autres aventures aux allures du lutin-malin ! Perla-pimpin !

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