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Mirette la chouette

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Dans ma fôret enchantée

Dans ma fôret enchantée

Perla-saperli-pimpin, la marguerite guettera, le coquelicot coquetera et à la lune brune, poindra malin le nez d’un lutin.

 

L’histoire que je vais vous raconter ce soir, je la tiens de mon grand-père qui la tenait lui-même de mon arrière grand-père, qui la tenait de mon arrière arrière grand-père, qui la tenait de mon arrière arrière arrière grand-père… Bon, vous avez compris, cette histoire est vieille comme le monde, vieille comme ce bon vieux rocher de granit sur lequel je suis assis pour vous la raconter, et la voici :

 

Chers petits amis, ouvrez le palais féerique de vos oreilles car Filipin le lutin va vous conter des merveilles…

 

Mirette la chouette

 

La fête du soleil battait son plein quand, au milieu des rires, des chants et des danses, Mirette la chouette s’approcha de Pitch le petit elfe et lui chuchota un secret dans l’oreille.

 

— Eh Pitch, veux-tu bien m’accompagner demain à la tombée de la nuit tout là-haut pour voir la lune ?

 

— Voir la quoi tu dis, Mirette ? demanda Pitch qui n’était pas certain d’avoir bien entendu.

 

— Si je suis bigleuse, toi tu es sourd !

 

Et elle cria dans son oreille.

 

— La lune, Pitch je te dis, la lune !

 

Le petit elfe la regarda abasourdi, et s’interrogea le front plissé : « Mirette a-t-elle perdu la tête ? se demanda-t-il inquiet.

 

Mirette continua :

 

— Tu as bien parlé au Soleil, toi, alors pourquoi pas à la lune ? Allez Pitch, la lune peut m’aider à voir, ma grand-mère m’a toujours dit ça. J’ai besoin d’un guide pour aller tout là-haut. Je suis bigleuse tu sais bien. Tu seras léger sur mon dos. Viens demain au crépuscule sur la Colline.

 

Un petit lutin prit Pitch par le bras pour le faire danser. Etait-ce la farandole, la beauté éclatante de Soraya, ce que venait de lui dire Mirette ou bien tout à la fois, Pitch avait la tête qui tournait.

 

La chouette rentra chez elle, dans le Grand Arbre Doré, avant le lever de Rotan. Et le soir suivant, elle attendit Pitch sur la colline. Elle l’entendit siffler. Elle ne le voyait pas bigleuse comme elle était. Léger et habile comme un écureuil, il surgit devant elle.

 

— Me voici prêt pour la grande aventure, déclara Pitch en grimpant sur le dos de la chouette.

 

— Alors à nous la Lune Pitch !!!

 

Et elle s’élança dans le ciel avec le petit elfe sur le dos. Ils passèrent haut au-dessus du hamac de Feufolin qui observait les étoiles filantes. Il les aperçut et sourit :

 

« Bonne chanze Mirette, tu as la forze en toi ! » songea t-il.

 

Bientôt ils disparurent dans les hauteurs du ciel. Mirette montait péniblement à la force de ses ailes. Le vent était contraire et cela rendait l’ascension difficile, mais elle ne pensait qu’à une chose : voir la lune !

 

— Je rêve de voir la lune depuis toujours ! criait-elle à Pitch dans le vent. Je ne sais pas si c’est parce que je m’approche d’elle mais ce périple me rend folle de joie !

 

Hélas, la lune était encore bien loin et Mirette commençait à fatiguer. Ses battements d’aile étaient plus faibles et elle vacillait de droite et de gauche. Elle aurait aimé une petite branche, une tête, un épi de blé, juste de quoi poser une patte et reprendre des forces…. Et Pitch devenait lourd sur son dos.

 

— Allez Mirette, qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-il inquiet.

 

Mirette n’en pouvait plus.

 

— Je suis trop fatiguée Pitch, je n’arriverai jamais jusqu’à la lune, nous devons redescendre avec le vent.

 

— Pas question Mirette, tu as voulu venir, maintenant tu dois aller jusqu’au bout !

 

— Mais Pitch….

 

La chouette faiblissait de plus en plus. Elle ne répondait plus, elle était à bout de forces, prête à se laisser tomber comme une pierre. Le petit elfe l’entoura de ses bras, et lui chuchota dans l’oreille :

 

— Mirette, ma Mirette, la force est en toi, n’abandonne pas, je t’en prie !

 

D’un seul coup une lumière se mit à briller dans le poitrail de Mirette. C’était le petit crin de Barbiche que Feufolin lui avait donné un jour en cadeau et qu’elle avait soigneusement caché ici. Son pouvoir magique venait de se réveiller.

 

— Barbisse, oh ma Barbisse, qu’est ce qui ze pazze ? Quoi ? Mirette a bezoin d’aide ? Vite ma formule mazique : Aba barzabar barbaza, z’appelle la zolution qui zolutionne !

 

Et le vent, tel un sauveur, changea tout à coup de direction et se mit à porter la chouette qui put reprendre des forces.

 

C’est ainsi qu’ils arrivèrent enfin à la lune.

 

Après un long silence d’admiration, Pitch s’exclama enfin :

 

— Elle est é-nor-me !

 

— Son éclat est si jeune, reprit Mirette.

 

— Elle est si belle, si douce, si forte, comme la voix de Soraya, pensa le petit elfe.

 

La chouette vola longtemps autour de la lune, les yeux éberlués.

 

— Nous y sommes Pitch ! C’est merveilleux ! criait Mirette qui n’en croyait pas ses yeux bigleux.

 

— Oui, c’est fabuleux mais c’est la nuit la plus courte de l’année. Il est temps de rentrer maintenant, les chouettes ne doivent pas voir le jour, tu sais bien.

 

— Attends un peu Pitch, je voudrais aller me percher sur la lune juste un instant.

 

Elle s’approcha encore plus près. Elle se sentait légère et joyeuse.

 

— Je réalise mon rêve Pitch, je touche la lune !

 

Mais bien vite elle manqua d’air et dut s’éloigner d’un dernier coup d’aile.

 

— Vite Mirette, retournons dans notre forêt !

 

Elle se retourna une dernière fois et crut voir bigler la belle dame orangée. Alors dans ses yeux se mirent à briller deux petites lunes qui jamais plus ne s’éteignirent.

 

Ils rentrèrent juste à temps, avant le lever de Rotan.

 

Depuis ce jour, Mirette ne fut plus la même. Ses yeux biglaient encore mais ils s’étaient emplis d’une telle lumière que son regard sur les choses avait changé.

 

Et chaque nuit, Mirette ululait à la lune.

 

— Maintenant grâce à toi, mes yeux voient la joie !

 

Pipelette la pie raconta à toute la forêt :

 

— Vous savez ce qu’on raconte ? Mirette et Pitch auraient volé jusqu’à la lune ? Vous y croyez vous ? Humm j’en doute moi quand même !

 

Et un beau soir, alors que Mirette ululait son chant d’amour sur sa branche, Soraya la Fée de la lumière frappa à la porte du logis de Pitch, au creux du Grand Arbre Doré.

 

Le petit elfe ouvrit. Surpris par cette visite et un peu intimidé, il ne put dire un mot.

 

— Pitch, raconte-moi l’histoire de ta boule d’or, je t’en prie, lui demanda-t-elle de sa petite voix douce et forte à la fois.

 

Et allongés tous deux sous le Grand Arbre Doré au clair de lune, Pitch commença :

 

— Il y a bien longtemps de cela…

 

Par mon chapeau de lutin, je vois qu’il fait nuit noire et qu’il est temps mes petits amis de dormir.

 

Je vous raconterai la prochaine fois comment Pitch le petit elfe reçut de Rotan sa boule d’or.

 

Je vous donne rendez-vous sur ce rocher à la pleine lune du mois de juillet. Je tintinnabulerai quelques petites étoiles de millepertuis pour vous appeler.
Douce nuitée, mes chers petits amis, dormez bien, saperli-pimpin !

 

Texte de Nathalie Valette
Illustration Célia Portail
Copyright Le journal de Fanette et Filipin, exploitation et reproduction interdites

 

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Et retrouvez-moi au champ des saisons, dans le Journal de Fanette et Filipin pour d’autres aventures aux allures du lutin-malin ! Perla-pimpin !

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