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Le nain Feufolin

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Dans ma fôret enchantée

Dans ma fôret enchantée

Perla-saperli-pimpin, le crocus craquera, la primevère primera et à la nouvelle lune, lune brune, poindra malin le nez d’un lutin.

 

L’histoire que je vais vous raconter ce soir, je la tiens de mon grand-père qui la tenait lui-même de mon arrière grand-père, qui la tenait de mon arrière arrière grand-père, qui la tenait de mon arrière arrière arrière grand-père… Bon, vous avez compris, cette histoire est vieille comme le monde, vieille comme ce bon vieux rocher de granit sur lequel je suis assis pour vous la raconter, et la voici :

 

Chers petits amis, ouvrez le palais féerique de vos oreilles car Filipin le lutin va vous conter des merveilles…

 

Le nain Feufolin

 

Il était une fois dans une forêt enchantée, un vieux nain qui s’appelait Feufolin. Il était âgé de plus de 200 ans, et avait une longue barbe blanche, si longue qu’elle traînait par terre. Elle était si piquée de mousse, de brindilles et de feuilles qu’il ressemblait plus à un esprit des arbres qu’à un simple nain.

 

Quand il allait trop vite, il marchait sur sa barbe. Cela l’arrêtait net, et tirait d’un coup sec son menton vers le bas. Alors Feufolin disait :

 

— Oui, oui, Barbisse, ze sais, tu veux me dire ce matin que ze marsse trop vite !
Une autre fois, Feufolin disait :

 

— Oui, oui, Barbisse, ze sais, tu veux me dire ce matin que ze suis dans la lune ! Merci barbisse, ze vais tâsser d’être plus présent à la forêt .

 

Feufolin avait un bon tempérament. Pour lui, il n’y avait jamais de mauvaises choses.
Même quand il trébuchait dans sa barbe et qu’il tombait, il disait :

 

— Oui, oui, Barbisse, ze sais, tu veux que z’embrasse la terre maintenant !

 

Alors il embrassait l’humus de sa forêt et se relevait tout à fait content, avec quelque mousse en plus collée dans sa barbe.

 

Feufolin adorait se lever tôt le matin, un peu avant le soleil, alors que tous ses amis animaux dormaient encore. Il ramassait son bois en chantant :

 

— Merci forêt, ton bois nourrit mon feu mazique et ze suis zeureux, c’est fantastique.

 

Il saluait les arbres, les caressait et leur parlait comme à de bons amis.

 

La chouette bigleuse perchée sur une branche le regardait en silence, avec ses yeux si grands qu’on aurait dit qu’ils se croisaient les bras tellement ils louchaient. Elle dandinait sa tête de gauche et de droite d’un air de dire : « Voilà encore ce nigaud de Feufolin qui zozote aux arbres, et il croit qu’ils l’entendent ! Quel vieux fou ce nain !»

 

Ce matin-là, alors que Feufolin ramassait du bois pour nourrir son feu, il marcha une fois de plus sur sa barbe, et trébucha. Il tomba sur quelque chose de piquant :

 

— Aïe ! Qui donc m’écrase le ciboulot comme de la confiture de coing ? s’écria Grognon le hérisson qui dormait tranquillement sous un tas de feuilles et qui se trouvait maintenant coincé sous le poids de Feufolin.
— Oui, oui, Barbisse, ze sais, cette ssute apportera du bien, susurra le nain à sa barbe.

 

— Purée de citrouille ! C’est le vieux nain maladroit qui m’est tombé sur le marron ! réalisa le hérisson tout dépité.

 

— Bonzour Grognon, ze m’excuze pour ce déranzement, ze me retire tout de zuite, dit le nain en essayant de reprendre sa barbe prise dans les pics du hérisson.

 

Mais elle était si emberlificotée qu’il n’arrivait pas à la récupérer.

 

— Tire dessus bigre crapouillot, voyons ! Qu’on en finisse ! grogna le hérisson.

 

— Ah non, non, pas une bonne idée ! Ze vais trouver une autre zolution !

 

Comment faire ? Aucune aide possible, tout le monde dormait à cette heure-ci mais Feufolin ne désespérait jamais. Il lança une formule magique :

 

— Aba barzabar barbaza, z’appelle la zolution qui zolutionne !

 

Et Mirette la chouette, qui lorgnait la scène du haut de son arbre se dit : « Ah ! Ce nigaud de Feufolin, je vois bien qu’il a besoin de moi ».

 

Elle déploya ses immenses ailes et se posa à coté des deux compères bien embêtés et empêtrés. Avec son bec, elle dégagea chaque brin de barbe du nain des pics du hérisson. Comme Mirette louchait, le travail fut beaucoup plus long et pénible qu’espéré.

 

— Fais bien attenzion à ma barbe Mirette, supplia Feufolin.

 

— Oui Feufolin, je sais, ta barbe est sacrée comme la prunelle de mes yeux qui louchent.

 

Mirette finissait soigneusement son ouvrage de démêlage quand d’un seul coup le hérisson se mit à bouger.

 

— Par mille putois puants, j’ai les pattes en marmelade de cassis, moi !

 

— Aïe ! Ma barbe ! cria le nain.

 

Le tout dernier poil resta coincé dans le bec de Mirette.

 

— Oui, oui, Barbisse, tu veux faire ze cadeau à Mirette pour zon aide précieuse ? D’accord, ze poil est pour toi la zouette.

 

Mirette s’envola avec son délicat présent. Elle disait souvent que Feufolin était un vieux nain zozoteur mais elle savait qu’il possédait des pouvoirs magiques. Elle garda précieusement le poil de barbe dans les plumes de son poitrail, pressée de savoir ce que ce petit crin mystérieux allait lui apporter de nouveau.

 

Grognon de son coté grogna encore : non seulement il avait été réveillé de son profond sommeil, mais en plus il n’avait pas eu de cadeau. Il s’éloigna en grommelant comme à sa bonne habitude. Feufolin sourit et le rappela. Il claqua dans ses doigts :

 

— Aba barzabar barbaza, z’appelle la zolution qui zolutionne !

 

Par mon chapeau de lutin, je vois que la nuit a bruni saperlipopette ! Il est temps mes petits amis de fermer les mirettes.

 

Je vous raconterai la prochaine fois comment la magie de Feufolin réussit à faire rire ce Grognon de hérisson.

 

Je vous donne rendez-vous sur ce rocher à la pleine lune du mois de mai, je sonnerai quelques petites clochettes de muguet pour vous appeler.
Douce nuitée mes chers petits amis, dormez bien, saperli-pimpin !
Texte de Nathalie Valette
Illustration Célia Portail
Copyright Le journal de Fanette et Filipin, exploitation et reproduction interdites
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Et retrouvez-moi au champ des saisons, dans le Journal de Fanette et Filipin pour d’autres aventures aux allures du lutin-malin ! Perla-pimpin !

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