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Le mariage de Pitch et Soraya

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Dans ma fôret enchantée

Dans ma fôret enchantée

Perla-saperli-pimpin, l’arbre se défeuillera, la feuille frêle craquera, le nuage neigera, et au Solstice d’hiver, poindra malin le nez d’un lutin.

 

L’histoire que je vais vous raconter ce soir, je la tiens de mon grand-père qui la tenait lui-même de mon arrière grand-père, qui la tenait de mon arrière arrière grand-père, qui la tenait de mon arrière arrière arrière grand-père… Bon, vous avez compris, cette histoire est vieille comme le monde, vieille comme ce bon vieux rocher de granit sur lequel je suis assis pour vous la raconter, et la voici :

 

Chers petits amis, ouvrez le palais féerique de vos oreilles car Filipin le lutin va vous conter des merveilles…

 

 

Pitch et Soraya : le mariage

 

 

Le grand jour de la cérémonie arriva enfin.

 

— Ne bouge pas Feufolin, j’ai bientôt fini ! pria Soraya qui essayait de démêler la barbe du nain.

 

— Aïe, ouille ouille, za fait une heure que tu me tires zur les poils, maugréa Feufolin à bout de patience.

 

— Je veux que tu sois beau comme un prince pour mon mariage. Il y a au moins six mois que tu ne t’es pas peigné !

 

— Zi ! Au zolstize d’été Zoraya, zouviens-toi !

 

— C’est bien ce que je dis, il y a six mois ! Regarde, je vais devoir couper ici tellement c’est entortillé avec le lierre.

 

— Ah non, ne coupe pas Zoraya ! Ze vais être pazient, z’est promis ! Ze prendrai soin de ma Barbisse à partir de maintenant !

 

Pendant ce temps, les petits esprits de la Sylve, les dryades aux yeux rieurs, s’affairaient joyeusement à tresser de grandes guirlandes de fleurs séchées et de branches de houx. Pious et Youps voletaient entre les branches de l’arbre doré et disposaient les guirlandes avec leur bec. Salamaya, la fée du feu, accrochait des étoiles brillantes sur les branches. On aurait dit qu’elle les avait décrochées du ciel. Diribelle la pie surveillait l’exécution des tâches. Elle voulait que tout soit impeccable.

 

— Pious, plus haut la guirlande, elle dégringole ; et ici plus d’ampleur dans la courbe !

 

La nuit tombait déjà et les préparatifs n’étaient pas terminés. Tout le monde se pressait, sauf Dame Coucou :

 

— Moi ça me donne envie de dormir toute cette agitation.

 

Au centre de la grande spirale de mousse que Chut l’écureuil terminait avec Griotte et quelques Dryades, Feufolin avait préparé le feu. Quand il eut allumé toutes les petites lanternes destinées à éclairer le chemin de mousse, il alluma enfin le brasier central.

 

Tout était prêt ! L’assemblée lança les premiers chants pour appeler les mariés qui attendaient près de la rivière aux fées.

 

— Les voilà, les voilà !

 

On vit, mes petits amis, saperli queue de pie, arriver Soraya dans la grande allée de l’Arbre doré. Sa robe de mariée toute de soie blanche était si longue qu’elle traînait par terre. Pious et Youps, les porteurs, tenaient dans leurs becs les grands voiles transparents de la mariée. Diribelle levait bien haut le voile attaché à la couronne, ce qui donnait à Soraya un port de reine. A son bras, souriait, radieux, le jeune roi de son cœur. Dans sa veste à queue de pie d’une blancheur éclatante, Pitch était le petit elfe le plus élégant et le plus heureux de la forêt.

 

— Quelle classe Pitch ! bredouilla Mirette perchée sur sa branche. Tu es deux fois beau Pitch, clamait-elle en battant des ailes, et ses yeux bigles brillaient d’émotion.

 

Les mariés restèrent un moment à l’entrée de la spirale sous les chants merveilleux des invités.

 

— Drydi-ha, drydi-hi, vive l’amour de deux cœurs réunis, répétaient-ils tous en chœur après les Dryades qui dansaient en tambourinant le sol de leurs petits pieds fourmillants de racines.

 

Feufolin fit un signe de la main pour ramener le silence :

 

— Mes bons amis ! Qu’il est bon de ze retrouver tous enzemble en cette nuit la plus longue, témoin du retour de la lumière. C’est une belle occasion pour zélébrer le mariaze de la belle Zoraya, fille et fée du Zoleil, avec Pitch, fils de Taran, chef de la tribu des hommes et de Héalthia, reine des elfes.

 

Tous applaudirent, stupéfaits des origines du petit elfe.

 

Feufolin continua :

 

— Voici venu le moment pour les futurs époux d’aller chercher leur lumière au centre de la spirale. Ils les uniront devant l’esprit de Sylvaya, avec pour témoins les dryades ici présents.

 

Le silence s’approfondit.

 

Soraya s’avança. Elle prit la bougie de cire dorée que Feufolin lui tendait, releva sa longue robe et dans un silence quiet, pieds nus, elle parcourut la spirale jusqu’au feu central. Elle s’arrêta devant le brasier un court instant et alluma sa bougie. Puis elle se retourna et ressortit lentement de la spirale en veillant à ne pas éteindre sa flamme. Tout le monde l’applaudit. Tenant serrée sa petite bougie près de son cœur, elle leva doucement les yeux vers Pitch. La flamme éclairait son visage. On aurait dit un ange.

 

Pitch lui embrassa le front et à son tour prit la bougie de cire dorée que Feufolin lui tendait. D’un pas rapide et assuré, il s’engagea dans la spirale. Il alluma sa bougie au brasier central et repartit comme il était venu. Son déplacement rapide faisait osciller la petite flamme. Dans l’assemblée, chacun retenait son souffle et tous les regards étaient fixés sur la bougie. Allait-elle s’éteindre ? Mais Pitch arriva aux cotés de Soraya : la flamme de sa bougie brillait droite, haute et vaillante.

 

Tout le monde applaudit.

 

Ils se regardèrent. Le moment était venu d’unir leurs flammes. Ils inclinèrent chacun leur bougie et les deux flammes n’en formèrent plus qu’une seule, grande et pure. Un joli son cristallin s’éleva de la Source de Belladouria, et un bouquet de lumières scintillantes embrasa le ciel et éclaira la nuit comme en plein jour.

 

— Hooo ! s’émerveillèrent toutes les bouches, becs et pupilles pointés vers la voûte illuminée.

 

Soraya s’exclama :

 

— Notre union est bénie par Rotan !

 

Dans la forêt l’écho d’un hurlement effroyable et lointain retentit.

 

— Mordrabouc ! lancèrent Pious et Youps en se serrant l’un contre l’autre.

 

Terré dans son château, le dragon-bouc hurlait de douleur, essayant d’échapper à la lumière violente qui filtrait à travers les meurtrières, malgré les efforts des nains noirs pour le protéger. Sa lamentation, glaçante et plaintive, pétrifia d’effroi tous les invités.

 

Pitch et Soraya, eux, confiants, souriaient.

 

La forêt, éclairée seulement par les flammes du brasier et la lumière des petites lanternes, retomba doucement dans l’obscurité. Les étoiles auréolaient l’arbre doré. Un grand silence se fit.

Les amoureux se prirent la main et déposèrent solennellement leurs deux bougies de part et d’autre de l’entrée de la spirale de mousse.

 

— Que votre union soit proclamée, reprit Feufolin en sortant de sa poche les deux anneaux d’or qu’il avait lui-même forgés avec l’or du pays des nains.

 

Pitch en prit un et le passa au doigt fin et délicat de Soraya. Elle passa le deuxième anneau au doigt de Pitch. Ils s’embrassèrent.

 

Pious et Youps reprirent leurs esprits et entonnèrent leur chant. Un chant allègre de bonheur, de courage, de paix et d’amour. Soraya les accompagna à la harpe. Ce fut un instant magique.

 

Puis Diribelle s’approcha de la fée avec un joli paquet enveloppé de fougères et de roses séchées :

 

— Voici pour les nouveaux époux, de la part de tous les habitants de Sylvaya.

 

En ouvrant le paquet, Soraya se mit à pleurer de joie.

 

Par mon chapeau de lutin, je vois qu’il fait nuit noire et qu’il est temps mes petits amis d’aller dormir.

 

Vous découvrirez dans le grand manuscrit de Filipin quel merveilleux cadeau Diribelle et les habitants de Sylvaya offrirent à Pitch et Soraya !

 

Et je vous raconterai bien d’autres histoires encore : les aventures de Trac le pic-vert, le voyage de Griotte au Pays des nains, la légende de Feufolin, la naissance des fées et la métamorphose d’Irya le poisson arc-en-ciel ainsi que le retour de la licorne. Je vous conterai aussi comment les habitants de Sylvaya déjouèrent les mauvais tours de Cornioc et de Mordrabouc.

 

Bien-sûr je tintinnabulerai quelques clochettes de coucou à la sortie de « Ma forêt enchantée », le grand manuscrit de Filipin le lutin, saperli-pimpin-drelin-grelin !

 

Texte de Nathalie Valette
Illustration Célia Portail
Copyright Le journal de Fanette et Filipin, exploitation et reproduction interdites

 

 

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Et retrouvez-moi au champ des saisons, dans le Journal de Fanette et Filipin pour d’autres aventures aux allures du lutin-malin ! Perla-pimpin !

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