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Cornioc et la boule d'or

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Dans ma fôret enchantée

Dans ma fôret enchantée

Perla-saperli-pimpin, le calendula durera, la callune luira et à la lune brune poindra malin le nez d’un lutin.

 

L’histoire que je vais vous raconter ce soir, je la tiens de mon grand-père qui la tenait lui-même de mon arrière grand-père, qui la tenait de mon arrière arrière grand-père, qui la tenait de mon arrière arrière arrière grand-père… Bon, vous avez compris, cette histoire est vieille comme le monde, vieille comme ce bon vieux rocher de granit sur lequel je suis assis pour vous la raconter, et la voici :

 

Chers petits amis, ouvrez le palais féerique de vos oreilles car Filipin le lutin va vous conter des merveilles…

Cornioc et la boule d’or

 

Pitch et Soraya dormaient paisiblement sous les étoiles, quand le petit elfe sursauta peu de temps avant le lever du jour.

 

— Soraya, où est ma boule d’or ?

 

— Je ne l’ai pas touchée Pitch. Je dormais et je rêvais que je jouais de la harpe-champignon et qu’une jolie licorne blanche s’agenouillait devant moi.

 

— Oh pardon Soraya, j’ai troublé ton rêve.

 

Et il reprit aussitôt :

 

— Où est ma boule d’or alors ?

 

Pitch farfouilla partout autour de l’Arbre doré. La boule n’était nulle part.

 

— Quelqu’un l’a volée ! C’est Mirette, fulmina t-il. Elle nous a entendus hier soir.

 

Vif comme l’éclair, il sauta sur la première branche du grand arbre doré et grimpa jusqu’au trou de Mirette. Debout sur un lit de paille, la chouette dormait déjà. Assez petit, il put entrer dans le nid et il chercha partout, même sous les ailes de Mirette qui sursauta.

 

— Qui est là ? cria-t-elle effarée. Mais enfin, Pitch, que cherches-tu sous ma robe ?

 

Pitch ne répondit pas et redescendit telle une flèche.

 

— Viens avec moi Soraya, Feufolin va nous aider. Lui seul pourra me dire ce qui est arrivé.

 

— Pitch, je dois jouer de la harpe-champignon pour réveiller la lumière de l’Aube sur notre forêt, sinon la nuit demeurera.

 

— Une autre fée jouera à ta place, viens vite !

 

Impatient, Pitch lui prit la main.

 

— C’est moi la fée de la lumière !

 

Et Soraya s’installa devant sa harpe-champignon. De ses doigts diaphanes elle effleura les lamelles de cristal et il en sortit une musique pure et céleste. L’aube et les premiers gazouillis des oiseaux se levèrent sur la forêt.

 

Pitch avait filé chez Feufolin et il trouva le nain derrière sa tanière, un drôle de champignon fait de terre
et de mousse.

 

— Merzi forêt, ton bois nourrit mon feu mazique et ze suis zeureux, c’est fantastique, susurrait-il dans le petit matin en ramassant des branches mortes.

 

— Feufolin, Feufolin, ma boule d’or a disparu, cria Pitch bouleversé.

 

— Calme-toi Pitss, bonzour d’abord.

 

Et le nain salua poliment, se prit les pieds dans sa barbe et atterrit dans les bras de Pitch.

 

— Le zazard n’exizte pas, tout a un senz. Allons découvrir qui a volé ta boule d’or.

 

Feufolin déposa une bûche dans sa cheminée où le feu brûlait toute l’année. De grandes flammes violettes s’élevèrent et des étincelles pétaradèrent dans toute la maisonnée comme des boutons d’onagre éclatant dans la fraîcheur du soir. Puis tout s’arrêta. Dans le magnifique lit de braises rougeoyantes, un énorme corbeau aux ailes déployées se dessina peu à peu.

 

— Cornioc ! s’écria Pitch, le corbeau des malheurs ! Pourquoi a-t-il volé ma boule ?

 

— Cornioc est le serviteur de Mordrabouc, le Seigneur de l’Ombre, mais ze vois dans zes zyeux qu’il aime tout ze qui brille.

 

— Comment faire Feufolin ? Son nid se balance tout là-haut à la cime de l’if, il est impossible d’y aller! s’exclama Pitch désespéré.

 

— Impozzible n’est pas pozzible Pitss ! Concentre-toi sur ce que tu dézires, c’est compris Pitss, uniquement sur ce que tu dézires.

 

Et Feufolin lança sa formule magique :

 

— Aba barzabar barbaza, z’appelle la zolution qui zolutionne !

 

Soraya qui venait juste de finir le Récital de l’Aube, apparut tout à coup et ses grandes ailes dorées se déployèrent comme la corolle d’une fleur.

 

— Oh, voyez mes ailes ! Elles s’ouvrent toutes seules ! C’est merveilleux, s’exclama Soraya en guise de bonjour.

 

— C’est la mazie de Feufolin. Tu voleras jusqu’au nid de Cornioc, ma petite Zoraya, pour reprendre la boule d’or, déclara le nain.

 

Pitch bondit devant la fée.

 

— Impossible ! Je ne mettrai pas Soraya en danger pour ma boule d’or. Cornioc est trop féroce, il va la becqueter. J’irai seul.

 

— Impozzible tu dis Pitss ? répéta le nain en fronçant ses gros sourcils blancs. Alors, bonne sanze Zoraya !

 

Soraya prit la main du petit elfe :

 

— Aie confiance en la « zolution » de Feufolin, Pitch. Je ramènerai ta boule d’or.

 

Et la fée s’envola dans le poudroiement de la lumière matinale de Rotan*, en direction de Châteaunoir, de l’autre coté de la colline.

 

A peine eut-elle disparu, que Pitch détala plus vite qu’un lapin jusqu’au grand chêne :

 

— Mes z’amis, réveillez-vous ! Soraya est partie affronter Cornioc pour récupérer ma boule d’or, nous devons l’aider, claironna-t-il.

 

— Désolé, mais moi je n’irai pas, répondit Trac le pic-vert qui tambourinait son tronc de bon matin, c’est trop dangereux.

 

La pie bavarde se moqua :

 

— Rhô ce trouillard, il laisserait notre reine courir un si grand danger, vous vous rendez compte ?

 

— Vas-y donc toi-même Pipelette ! répliqua Trac vexé.

 

— Moi ? M’enfin vous n’y pensez pas, je suis trop vieille moi !

 

D’un bond, Chut l’écureuil avait rejoint Pitch, et sans plus attendre, ils coururent tous deux jusqu’aux collines de Châteaunoir.

 

Pendant ce temps, la fée Soraya s’était approchée du grand nid noir qui se balançait sur les plus hautes branches du grand if. Camouflée derrière les feuilles, elle jeta un petit caillou dans le nid. Puis un autre et encore un autre. Pas de réaction. Cornioc serait-il absent ? Il fallait agir vite. Sans réfléchir davantage, elle voleta vers le nid gigantesque. Et là, sur la paille et les brindilles, au milieu de petites plumes noires, brillait la boule d’or. Battant des ailes, la fée s’enhardit et prit délicatement la boule dans ses mains :

 

— Tu es si belle, pensa-t-elle.

 

Mais un cri perçant retentit juste au dessus d’elle. Soraya sursauta et faillit lâcher la boule. Cornioc, ses grandes ailes noires déployées et ses serres écartées, fondit sur elle et attaqua.
Sapristi Bistougris mes petits z’amis ! Soraya fila vers le tronc. Droite, gauche, elle ne savait plus où aller et le corbeau furieux la pourchassait en claquant du bec.

 

— Envoie la boule, cria Pitch qui venait d’arriver sur une branche.

 

Habile, Pitch attrapa la boule d’or et s’enfuit en sautillant de branche en branche. Il entendait le gros bec de Cornioc claquer tout près de ses oreilles d’elfe. Tout à coup, il sentit ses pieds décoller de la branche. Cornioc l’avait saisi par le col et la secousse lui fit lâcher la boule d’or. Chut qui se trouvait juste en dessous la rattrapa, et commença alors une jolie partie de balle entre les deux amis. Cornioc enragé, lâcha Pitch et se rua sur Chut.

 

— Lance-moi la boule, Chut ! cria Soraya.

 

C’est à ce moment là mes petits amis que deux camarades aventuriers arrivèrent à la rescousse. Pious et Youps les petits rouges-gorges tournicotèrent si bien autour de l’oiseau noir, qu’il en prit le tournis. La fée en profita pour s’éclipser avec la boule. Ne voyant plus que des étoiles, le corbeau étourdi se cogna la tête dans une branche, dégringola en tournoyant
sur lui-même et chuta comme une pierre.

 

— Bravo, vous zêtes tous des sampions ! félicita Feufolin. Ze crois qu’à présent il serait plus saze de casser la boule quelque part ! continua t-il.

 

— Casser la boule ? s’inquiéta Pitch.

 

— Non pas casser, z’ai dit casser… dans mon coffre en fer foré !

 

— Bonne idée Feufolin, et nous cacherons le coffre au pied de l’arc-en-ciel, proposa Soraya.

 

Par mon chapeau de lutin, je vois qu’il fait nuit noire et qu’il est temps mes petits amis d’aller dormir.

 

Je vous raconterai la prochaine fois comment fut cachée la boule d’or et quelle merveilleuse surprise attendait Pitch au pied de l’arc-en-ciel.

 

Je vous donne rendez-vous sur ce rocher à la pleine lune du mois de septembre. Je tintinnabulerai quelques boules de prunelles pour vous appeler.

 

*Rotan est le nom donné au soleil dans la saga de Gilles SERVAT « Les Chroniques d’Arcturus » parues aux Edtions Atalante, une série de 6 tomes.

 

Texte de Nathalie Valette
Illustration Célia Portail
Copyright Le journal de Fanette et Filipin, exploitation et reproduction interdites

 

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Et retrouvez-moi au champ des saisons, dans le Journal de Fanette et Filipin pour d’autres aventures aux allures du lutin-malin ! Perla-pimpin !

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